Vous souhaitez avoir un site web, vous choisissez une agence web, vous exposez vos objectifs, et comptez sur l’agence pour qu’elle réalise le site qui colle à ces objectifs.

Trois choses à savoir. 1) le besoin d’un internaute peut être différent de l’objectif, 2) la solution proposée par l’agence est une hypothèse, 3) l’hypothèse évolue en fonction des retours utilisateurs.

Les startups comme la notre fonctionnent sur le modèle du développement par les utilisateurs. Nous formulons des hypothèses sur l’utilisation du site, nous les expérimentons, nous analysons les résultats à travers des KPI (Key Performance Indicator), nous itérons (petites modifications), nous pivotons (changements radicaux), et le plus rapidement possible nous cherchons à savoir si l’idée produit du résultat. La procédure est d’aller vite, au pire d’échouer vite, de ne pas stagner dans une configuration à faibles résultats.

Cette démarche est assez nouvelle. Habituellement, les organisations utilisent le modèle de développement par le produit, qui est l’application concrète de la vision et des valeurs de l’entreprise et de son fondateur en particulier, qui connait bien son marché, et dont l’activité est d’exécuter un business model qui fonctionne. Un produit ou service qui ne marche pas est alors considéré comme un échec de compréhension du marché ou d’exécution des tâches.

Comme les entreprises viables connaissent bien leur marché, en général, le principe de développement par le produit marche convenablement. Mais dès que l’on déploie son activité dans un environnement différent (le web), le modèle du développement par le produit n’est plus aussi performant. L’experience montre que l’environnement web est encore en phase d’exploration. Il est par exemple quasiment impossible de faire des prévisions de marché tant qu’un site n’est pas lancé (au grand désespoir du directeur financier ). Il faut alors accepter l’incertitude, planifier une phase expérimentale, et se tourner vers les utilisateurs.

Nous assumons l’idée que le besoin de l’utilisateur du site reste flou tant que le site n’est pas lancé. Nous ne pouvons prévoir que partiellement le comportement utilisateur face à un nouveau site. Nous devons tester et observer pour vérifier si les solutions sont adaptées. Découvrir qu’une idée est mauvaise est habituel.  Abandonner une idée et tout changer fait parti des possibles. L’hypothèse est envisagée dès le début, avec calme et sérénité. Réussir un site, c’est aussi être capable de le modifier rapidement, l’échec étant de persévérer de la mauvaise façon.

Il est parfois difficile d’accepter l’idée qu’on ne sait pas si le site va avoir du succès, qu’on est incapable de donner des chiffres de fréquentation avant, de faire un prévisionnel de vente, qu’il est nécessaire de faire le plus simple possible pour pouvoir tester les solutions une à une,  qu’il faudra envisager de changer en cours de route si les chiffres ne vont pas, qu’il faudra sans doute faire des pas en arrière, qu’on ne sais pas si telle ou telle idée est bonne tant qu’elle n’a pas été testée, etc.

C’est pourtant la bonne pratique. Admettre le haut niveau d’incertitude de chaque idée, être prêt à revenir sur ses choix, relativiser les bonnes idées, planifier la probabilité d’un mauvais choix, se donner la possibilité de renier ses choix, pouvoir développer une idée qui arrive en cours de route, avancer à petits pas, reculer, recommencer différemment, rater la cible différemment, jusqu’à trouver un bon positionnement. Et même, décider de tout arrêter sans trop insister et sans sentiment d’échec, ce que les plus performantes startup du monde savent faire (lire à ce sujet la liste des projets abandonnés par Google).

Nous nous méfions des prestataires web trop plus sûre d’eux. Ce type de prestataire capable d’avancer des chiffres (fantaisistes) de fréquentation et de vente apte à séduire un directeur financier. Dans l’organisation d’un projet web, on ne peut pas faire l’impasse sur la validation des idées par les utilisateurs, sur les modifications à faire en cours du projet, sur le suivi et les modifications du site dans le temps, sur les nouvelles idées qui apparaîtront en cours d’exploitation du site. Ce sont de paramètres inconnus au moment du lancement d’un site, qui apparaitront au cours de l’exploitation. Il faut prévoir les ressources pour gérer ces paramètres inconnus.

Dans notre travail, nous mettons systématiquement en place des Key Performance Indicator permettant de vérifier comment le site est utilisé, et nous prévoyons des ressources pour vérifier ces indicateurs et expérimenter des améliorations. Pour cette raison, toutes nos prestations de développement web sont facturées sous forme d’abonnement, nous n’abandonnons pas un site web une fois sa réalisation faite, nous le faisons évoluer dans le temps, pour qu’il s’améliore, nous le gardons en observation constante et nous le modifions tout au long de son exploitation.